La Moselle rattachée aux provinces allemandes

Le 30 novembre 1940, la Moselle est rattachée aux provinces de la Sarre et du Palatinat pour former le Gau Westmark et divisée en arrondissements (Kreis). Grâce à l'appareil répressif policier et administratif mis en place, la population est surveillée à tous les niveaux. 

Le 25 Janvier 1941, les parents sont appelés à inscrire leurs garçons et filles dans les Hitlerjugend. Les fêtes allemandes et celles du Parti nazi sont célébrées avec faste. Les drapeaux à croix gammée flottaient au fronton de certaines maisons dont les occupants germanophiles avaient opté pour le vainqueur. Des colons (Siedler) s'installèrent sur les terres des Mosellans expulsés.

Le 23 avril 1941, Bürckel décrète l'incorporation des jeunes garcons et filles de 17 à 25 ans dans le RAD (ReichsArbeitsDienst). Il s'agit en fait d'une préparation militaire, le maniement de la bêche préfigure celle du fusil. Les jeunes incorporés étaient en uniforme et devaient prêter serment au drapeau et au Führer.

Dans un discours du 29 août 1942, Bürckel, en accordant la nationalité allemande à tous les membres de la Deutsche Volksgemeinschaft, légalisa l'incorporation de force des Mosellans dans l'armée allemande, décrétée par une ordonnance du 29 août 1942. Les Gauleiter Wagner en Alsace et Simon au Luxembourg agirent de même dans leur Gau respectif.

Ainsi, quatorze classes (années de naissance de 1914 à 1927) furent incorporées de force entre octobre 1942 et novembre 1944 (arrivée des Américains).

30 000 partirent sous la contrainte, cédant aux menaces de représailles proférées à l'encontre de leur familles; en cas de refus, la famille était déportée, ses biens placés sous séquestre allemand.

Devant le refus manifeste des parents de voir partir leur rejeton sous un uniforme abhorré, Bürckel proposa à tous les Mosellans non-inscrits à la DVG de s'inscrire dans les sous-préfectures pour émigrer en France.

Cependant dans le Reich en guerre, Himmler fit valoir qu'on ne pouvait faire cadeau de sang allemand à la France. Les pertes très lourdes en Russie et les besoins de main-d'oeuvre dans l'industrie nécessitaient cette chair-à-canon.

Au lieu de les voir filer en France, Bürckel expédia plus de 10 000 PRO ( Patriotes Résistants à l'Occupation) dans les camps spéciaux de Silésie et des Sudètes. Quelque 200 Farébersvillois quittèrent ainsi le 18 janvier 1943 leur village (avec 20 kg de bagages) pour connaître le déracinement, l'enfermement, la maladie, le travail de force, les souffrances et pour certains la mort loin de leur patrie.

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