RAD

Les recrues du RAD (ReichsArbeitsDienst) servirent aussi d'auxiliaires de l'armée. Certains creusèrent des fossés antichars, d'autres travaillèrent dans des usines de munitions. Au fur et à mesure que les raids anglo-américains sur l'Allemagne se faisaient plus destructeurs, le caractère dangereux du service s'accrut.

Le RAD comprenait aussi des cours d'éducation politique. Les recrues apprenaient les détails de la biographie du Führer et les champs patriotiques allemands.

Ainsi, les jeunes Mosellans, au bout de quelques jours, devaient prêter serment au Führer. Ceux qui le pouvaient s'en tiraient en le marmonnant. De toute facon, la grande majorité jugeaient sans valeur un serment prêté sous la contrainte.

Parce qu'on se méfiait d'eux, les Allemands évitaient de laisser ensemble des Arbeitsmänner originaires des territoires annexés.

Les Allemands interdirent aussi formellement les parlers alémaniques et franciques car ils savaient bien que le particularisme alsacien-lorrain avait été l'un des vecteurs de non-assimilation au Reich entre 1870 et 1918.

Pour les recrues qui étaient exclusivement francophones (les Welsches), l'adaptation était donc particulièrement difficile.

En fait, la mise en place du RAD, qui suivait celle de la jeunesse hitlérienne, constituait la deuxième étape du processus visant à transformer les jeunes recrues en "parfaits nationaux-socialistes".

A partir de l'été 1942, l'incorporation dans le RAD devint le passage obligé avant l'enrôlement dans la Wehrmacht.

Bientôt, les conseils de révision furent communs à l'Arbeitsdienst et à la Wehrmacht. La durée du RAD fut réduite de six à trois mois car la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe demandaient de plus en plus d'hommes.

Le temps de latence entre la fin du RAD et l'incorporation avait lui aussi tendance à se raccourcir. 

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