La problématique des Malgré-Nous est encore très loin d'être évidente pour le Français moyen.On parle en effet très peu de ces 132 000 Alsaciens-Mosellans sacrifiés sur l'autel de la Patrieau cours de la Seconde Guerre mondiale et l'on veut ignorer les survivants!

Que sait-on aujourd'hui de cette jeunesse obligée de se battre dans l'uniforme feldgrau de la Wehrmacht? La france aurait-elle honte de ces marginaux qu'elle a elle même engendrées?

Leur dramatique parcours dans l'histoire mérite cependant que l'on s'y attarde.

Alors qu'ils furent enrôlés de force dans la Wehrmacht, sous la menace de représailles à l'encontre de leur famille et d'eux-même, les Malgré-Nous furent considérés par la dictature nazie comme politiquement peu fiables (politisch unzuverlässig). Cette chair à canon subitbrimades, humiliation, discipline souvent sadique mais surtout les horeurs du front de l'Est. 22 000 incorporés de force y laissèrent leur peau.

Pour les soldats soviétiques, ils furent tout simplement assimilés à des Niemetz, c'est-à-dire à des Allemands qu'il fallait combattre sans pitié.

Prisonniers de guerre, les Malgré-Nous croupirent dans leurs sinistres camps, derrière "les barbelés rouges". On ignore cependant les conditions déplorables durant les transports, le travail inhumai, le spectre angoissant du NKVD (alourdissant leur chevilles plus sûrement qu'une chaîne!)et la féroce discipline sévissant dans les camps du GUWPI, ajoutés à une pénurie alimentaire et une promiscuité horrible, entrainèrent la disparition de la fine fleur de ces contingents alsaciens-mosellans. Qui se soucie de ces disparitions?

En 1945, l'administration françaiseet en particulier les centres de rapatriement assimilèrent tropsouvent cesrecrues enrégimentées de force aux soldats classiques de l'armée allemande (A.A) et les considèrent sans égards ni distinction, tandis que Staline les prit enotages après la guerre.

Meurtrisprofondément dans leur âmeet dans leur corps, les Malgré-Nous se sont longtemps tus. Ausoir deleur vie, alors que beaucoup des leurs ont déjà disparu, ils acceptent de se confier et de livrer le tragique recit de leur jeunesse sacrifiée. Ils espèrent dans leur for intérieur que la Mère-Patrie voudra bien unjour rétablir leur dignité.

Sera-ce à titre posthume, dans quelques décennies?

Dans Les Barbelés Rouges, Laurent KLEINHENTZ donne la parole aux témoins de cette époque tragique avnt qu'il ne soit trop tard. Les Malgré-Nous racontent leur dure condition de captifs dans la multitude de Lager qui émaillèrent le territoire soviétique dont certains noms résonnent encore de manière sinistre dans les mémoires (tels Tambow, Segesa, Tcherpovets...)

Cet ouvrage vient logiquement à la suite de "Tambow, laface cachée" du même auteur, paru aux Editions Serpenoise, présentant les camps soviétiques sous leur aspect technique et administratif.

 

 

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