Laurent KLEINHENTZ, enseignant à la retraite, est Maire de Farébersviller et Conseiller Général de la Moselle. Il est l'auteur de 3 volumes intitulés "Malgré-Nous, qui êtes-vous?", d'un livre diffusé sous le titre "1939-40 Dans la tourmente", d'un ouvrage ayant obtenu le prix Erckmann-Chatrian 2002 "Tambow, la face cachée" (Editions Serpenoise) suivi du livre "Les Barbelés rouges" (Edition Serpenoise) retraçant la vie des prisonniers dans les camps soviétiques.

Né en 1947, il n'a pas connu les affres de la guerre, mais s'est interéssé de près à l'histoire tourmentée de cette terre de Moselle-Est qui l'a vu naître et où les anciens ont tant souffert. Il cherche à informer du mieux possible les générations d'après-guerre, afin que le sacrifice consenti par les aînés pour retrouver la paix ne soit pas oublié.

Cet ouvrage traite de la Libération sous trois aspects: le vécu raconté par les villageois, la version donné par les Allemands et la version retracée par les Américains.

L'attente de la libération face à l'oppresseur nazi paraît bien longue aux habitants de Farébersviller.

Déjà plus de 4 années d'integration forcée!

En effet, qu'il est loin ce premier septembre 1939 fatidique où les chars de Hitler entrèrent en Pologne! Qu'elle semble bien floue cette évacuation faite dans la précipitation sur les chemins de l'Exode! Oui, qu'il apparaît estompé ce fastidieux voyage vers la Charente, dans des wagons à bestiaux !

Au retour de Bonnes Charente le 2 octobre 1940, il a fallu reconstruire avec patience le village sauvagement bombardé le12 mai 1940, subir les contraintes de la Volksgemeindschaft (adhésion à la communauté du peuple allemand) et accepter bon gré mal gré les lois nazies en vigueur.

Mais,apès la défaite de Stalingrad, après l'echec de Rommel en Libye, chacun à Farébersviller et en Moselle sait désormais que la victoire des Alliés n'est plus qu'une question de temps.

En 1943, déjà, les cartes majeurs ont changé de main. On abats les atouts du côté des Alliés: débarquement sur le littoral d'Afrique du Nord puis frappe dans le ventre mou de l'Axe en Sicile.

Le 6 juin 1944, un formidable assaut est lancé contre la forteresse nazie à partir de la Normandie, à travers un débarquement réglé dans les plus infimes détails et ce, grâce à une logistique époustouflante pour l'époque. Malheureusement, les bocages normands sont autant d'obstacles qui entravent la progression alliée.

Parmi les Allemands qui s'arc-boutent, les Grenadiers de la 17ème SS Panzerdivision Götz von Berlichingen vont faire illusion plus de 8 semaines durant, dans les haies du Calvados.

Nous les retrouverons 5 mois plus tard dans ce qui est maintenant convenu d'appeler la bataille de Farébersviller (du 28 novembre au 4 décembre 1944).

Les SS vont utiliser la configuration du terrain, les ruelles et les ruines des maisons pour s'y incruster, gêner sérieusement l'adversaire et surtout vouloirrendre inviolable le sanctuaire sacré du Vaterland. Les villageois, quant à eux, se terrent comme des taupes dans les caves pendants 5 interminables semaines. Ils s'impatientent, car le calendrier de la libération prend un sacréretard sur les prévisions: Patton le fougueux piétine devant Pont-à-Mousson, sur les passages meurtriers de la Moselle et de la  Seille.

La boue, la pluie n'arrangent pas leschoses et les fantassins allemands, le dos à la frontière de la Sarre, tiennent tête à la  80ème US. "Question de vie et de mort", a décrété le Führer !

De très durs combats auront donc lieu à Farébersviller.Du côté allemand comme du côté américain, on compte de très nombreux tués, des dizaines de bléssés et beaucoup de prisonniers, tandis qu'on déplore une victime civile le 4 décembre 1944, le jour même de la libération  tant espérée...

Only the fish are alive inFarebersviller! Seuls les poissons sont encore vivants à Farébersviller ! déclara un correspondant de guerre américain, consterné par l'ampleur du désastre.

 

 

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