Le journal Deutsche Front paraît du 1er août 1940 au 30 novembre 1940 puis il devient la NSZ-Westmark (National Sozialistische Zeitung) du 1er décembre 1940 au 15 novembre 1944, jour où s’arrêta l’édition messine suite à l’arrivée des Américains devant Metz.


Contrôlée par le régime nazi, la presse de botte « fait l’opinion ». Au service du pouvoir, les feuilles de propagande vantent les décisions clairvoyantes du Führer. Aucune info critique ne ternit l’éclat du nazisme. Mais, en filigrane, les Mosellans découvrent à travers les rubriques nécrologiques la dure réalité de la guerre. Les articles en première page accompagnés de photos prises par de vaillants reporters de guerre exaltés magnifient l’indéfectible héroïsme allemand, l’ardeur des belligérants, le sacrifice et le dévouement sans limite des troupes luttant contre le Bolschewismus.

 

Concernant les offensives soviétiques, comme il s’agissait d’un journal de temps de guerre, le service de presse était discret sur les reculs. Le zoom insistait surtout sur la bravoure affichée par les unités s’emparant de localités en flammes, luttant contre les partisans, ou faisant des prisonniers. Les vues des points d’appui conquis, la vision des routes aménagées dans la boue, les images des convois hippomobiles avançant dans la poussière décrivent le contexte meurtrier dans lequel évoluent magnifiquement Landser et pionniers. Mais pas de photos qui donneraient à penser que l’on pille, pende ou que l’on réquisitionne, forcément ! La pellicule est docile ! La guerre des Mosellans, -leur guerre- se passe à l’Est, dans un contexte difficile, où l’héroïsme des troupes galvanisées surmontera une fois encore les difficultés passagères rencontrées, foi de Goebbels ! Passant nécessairement par des sacrifices consentis pour la gloire du Reich, la victoire finale se dessine, avec l’arrivée tant espérée des Wunderwaffen, les armes-miracle ! que seuls les plus naïfs s’illusionnent encore de voir apparaître pour faire basculer le destin de la guerre ! 

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