« 15 janvier 1945, formations militaires dans la Luftwaffe puis dans l’infanterie. Combats en Tchécoslovaquie. Les derniers mois de la guerre ont été terribles. Les Russes attaquaient à outrance, les périodes de repos étaient rares. J’ai encaissé un éclat d’obus dans la joue. Ma surdité (hypoacousie) a été occasionnée par l’explosion d’un obus qui a déplacé les osselets internes de mon oreille droite. Après chaque attaque, il fallait reconstituer la compagnie tant les pertes étaient sévères : la plupart des renforts que nous recevions étaient des tout jeunes qui croyaient encore à la victoire. Ces intrépides ne duraient pas longtemps, souvent ils se faisaient tuer le jour même de leur arrivée. Date et lieu de ma capture : le 8 mai 1945 près de Prague. Nous avons été obligés de marcher jusqu’à Auschwitz. De là, on nous a fourgués dans le train, direction la Sibérie.

Dans le camp de Kochmorun, le plus éprouvant était le manque de nourriture mais aussi l’hébergement dans les baraques enterrées aux trois-quarts, donc bien trop sombres. Au début de la captivité, nous n’avions pas besoin de travailler. Quand les Russes eurent désigné comme chef de camp un captif allemand, la discipline fut rétablie et le travail devint forcé. Après mon passage dans l’équipe chemin de fer, j’ai dû creuser des tranchées pour poser des canalisations d’eau ; il nous fallait descendre dedans (une profondeur de 3 mètres était nécessaire pour éviter que le gel ne fasse éclater les tuyaux). Je suis revenu le 17 novembre 1945.

J’ai un frère qui est mort au front. » Schumacher Jean, né en 1919

 

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