« J’ai été envoyé pour ma période d’instruction à Ostrow en Russie. Mon unité a participé à la lutte contre les partisans en mai 1943 à Ostrow-Pleskow avant d’être expédiée en septembre de la même année sur la tête-de-pont de Cruschino en Estonie. En juillet 1943, ayant été repris après mon évasion, je suis passé devant le conseil de guerre. En mars 1944, nous avons été harcelés par les bombardements continus de l’artillerie et de l’aviation ennemies durant 24 heures dans la campagne balte. Estafette de transmissions, j’ai été pris comme cible durant plusieurs heures par une brigade de chars désireuse de me déquiller. Je l’ai échappé belle avec seulement une brûlure sur les jambes provoquée par l’obus d’un blindé. Je ne parle pas des rondes répétées effectuées par les avions de chasse russes, cherchant par leurs rase-mottes à m’atteindre (période avril-juin). Derniers combats dans les états baltes

J’ai déserté en janvier 1945, en me cachant et en attendant avec inquiétude la venue des Russes. J’ai été emmené à l’arrière avec les réserves que je m’étais constitué (pain, fromages, conserves). Puis après une longue marche, j’ai été dépouillé par les nouveaux gardes qui venaient de remplacer les sentinelles précédentes : ce fut ma première déception. Plus tard, ayant refusé, après plusieurs interrogatoires, de prendre la citoyenneté russe et d’adhérer au P.C. soviétique, j’ai été commis aux corvées de latrines.

J’ai atterri à Kotlajarvé dans les mines de schistes oléifères. J’ai participé à plusieurs commandos de travail (forêts, travaux de nettoyage et d’entretien, corvées de latrines et enterrement de morts stockés sur quatre piles).

J’ai contracté une espèce de dysenterie et une broncho-pneumonie qui m’ont fait connaître la baraque des mourants. Je me suis endormi très fiévreux. J’ai été réveillé par ceux qui voulaient m’évacuer pour m’enterrer ! 

 

J’ai été rapatrié le 25 octobre 1945 avec 42 kg.»

Schutz Richard, né en 1924

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