« Le 29 mars 1943 a débuté mon incorporation qui fut suivie d’une période d’instruction passée en Tchécoslovaquie.

Puis j’ai été transféré dans le Süd Abschnitt.

Dans la tête-de-pont de Nikopol, des milliers de soldats moururent bloqués par le fleuve, faute de pont ou de passerelles pour son franchissement. Certains furent broyés par les chars russes qui les avaient coincés entre deux pans de montagne. J’ai assisté à l’amputation de la jambe d’un camarade, assis à côté de moi, réalisée par un médecin. S’étant vidé de son sang, le malheureux est mort sur place, vingt minutes après l’opération.

J’ai été capturé le 11 septembre 1944 près de la frontière roumano-hongroise.

Déchaussés, nous avons effectué des centaines de kilomètres à pieds nus, presque sans nourriture. Une sortie osée du groupe, un écartement hors de la colonne équivalaient à la mort sans appel par pistolet-mitrailleur.

J’ai séjourné dans les camps de Brassow, de Bendere (un trimestre) et d’Odessa. Manquant de nourriture, nous étions aussi mal habillés (1 chemise et 1 pantalon). Nous ne disposions même pas d’ustensile nécessaire pour recevoir la nourriture. Tous les jours à l’appel, on déplorait entre 8 à 15 morts à enterrer !

 

Rapatriement le 20 octobre 1945. »

Seiler René Armand, né en 1920

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